Marathon de Strasbourg 2013 – récit

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En cette fin octobre, je participe à mon second marathon (après Paris 2012). J’ai choisi celui de Strasbourg, ma ville d’origine et c’est donc aussi l’occasion d’un week-end en famille. C’est la deuxième édition du marathon. Pour la première, en 2012, les critiques avaient été nombreuses et cette année l’organisation avait à cœur de rectifier le tir. 1200 inscrits seulement, contre 3000 l’an dernier, c’est aussi une conséquence de l’organisation le même jour du championnat de France de Marathon à Toulouse.

Fatigué avant de courir

De mon côté, j’arrive à Strasbourg avec un gros déficit de sommeil. Les nuits de la semaine ont été très difficiles. La faute en incombe à la dernière injection de vaccin qu’a reçue Nina, qui a déclenché tout un tas d’effets secondaires dont l’insomnie. Pour ne rien arranger, elle a attrapé une rhino-pharyngite qu’elle m’a affectueusement refilé. Bref je ne suis pas dans les meilleures dispositions pour atteindre mon objectif de 3h30. Heureusement, la météo annonce une température douce et du soleil pour la matinée, mais aussi un vent fort.

Le retrait du dossard s’effectue très rapidement au village situé sur la place Kleber, le samedi matin. On peut voir suspendu le joli coupe-vent de Finisher qui viendra récompenser les marathoniens. Les bénévoles sont très sympas et l’ambiance assez bon-enfant.

Marathon de Strasbourg 2013

Le dimanche, après une nuit hachée, le réveil sonne à 6h30. Je me prépare et déjeune tranquillement de quelques tartines au miel et de kougelhopf . A 8 heures, je quitte la maison en petites foulées pour rejoindre le centre-ville. Cela réveille un peu l’organisme. Un passage aux toilettes, et je file me placer dans le sas vers 8h40. Il fait encore un peu frais, mais l’attente ne va pas être bien longue. J’en profite pour terminer ma petite bouteille d’eau, en écoutant distraitement la fanfare et le speaker.

Départ

Pan ! Le coup de pistolet est très fort et résonnera dans mon oreille pendant quelques minutes. 10 secondes après (!), je franchis la ligne et c’est parti pour 42,195 km en une large boucle entre ville et campagne, entre la France et l’Allemagne. Car c’est une caractéristique de ce marathon : un bon tiers de son tracé est côté allemand. Nous traverserons ainsi deux fois le Rhin et courrons à travers champs et forêts pour finir par une portion urbaine.

Le parcours du Marathon de Strasbourg 2013

Le parcours du Marathon de Strasbourg 2013

10 km sans histoire

Je rattrape le meneur d’allure 3h30 en quelques centaines de mètres. Mais je vois tout de suite que je ne me sens pas bien du tout dans sa foulée. Le groupe ou plutôt la grappe qui se forme autour de lui est très compact et j’ai l’impression d’étouffer. Alors je prends le large, pas forcement dans le but de le distancer, mais au moins courir devant lui sans être gêné. Nous quittons rapidement le centre ville en longeant les quais. Il y a déjà de longues portions à découvert; où souffle un vent très fort, de face ou 3/4 face. Ça promet pour la suite du parcours !

J’engrange une avance de plus en plus confortable au fil des kilomètres, puisque je cours à une allure moyenne comprise entre 4:40/km et 4:50/km, soit 10 à 20 secondes trop vite. Plusieurs ponts sont franchis, avec à chaque fois une petite montée. Rien de bien méchant. Par contre, le sol jonché de feuilles mortes humides de la pluie nocturne est assez traître dans les virages. Je prends garde à mes appuis et j’assiste à quelques belles glissades heureusement sans conséquences. Je me sens bien, tranquille au niveau du souffle et des jambes. Je profite :)

Dès la sortie de Kehl, juste après le 10e kilomètre, je fais une nouvelle pause technique qui me coûte une quarantaine de secondes. Arf ! Ce n’est pas très grave à ce stade de la course, surtout au regard de l’avance que j’avais déjà accumulé. 47:40 pour ce premier 10 km (4:46/km), soit 2 minutes d’avance sur le tableau de marche. Les jambes sont là, le souffle régulier. J’ai fait le choix de ne pas afficher ma fréquence cardiaque sur la montre, mais j’ai l’impression de ne pas forcer.

15 km face au vent.

Ces 15 bornes dans la compagne allemande vont me coûter cher en énergie. Nous sommes sur une piste cyclable en bordure d’une route nationale assez passante. Il y a de longues, très longues lignes droites, avec un terrible vent de face. Peu ou le plus souvent pas de possibilités de s’abriter. Vu le nombre assez faible de participants, il n’y a pas de gros peloton, que des petits groupes de quelques coureurs. Je me retrouve souvent seul. Je ne néglige aucun ravitaillement. Je n’ai dans ma poche qu’une pâte d’amande que je réserve pour plus tard. J’attrape en général un verre d’eau et un quartier d’orange ou une demi-banane. Je vais moins vite, mais je maintiens quand même 12km/h (mon allure cible pour l’objectif de 3h30) sur cette deuxième dizaine. (50:05 – 5:00/km).

On traverse une sorte d’usine de production de sable. Les rafales de vent soulèvent beaucoup de poussières. Ça pique un peu les yeux et la gorge. Le spectacle n’est pas banal en tout cas pour une course :)

Au semi, tout va bien

On monte sur une digue. Le Rhin est à nouveau tout proche. Je passe le cap de la mi-course en 1h43:22. Toujours en avance d’1:30 environ. Le vent n’a finalement que faiblement érodé mon avance chronométrique. Devant nous, c’est à présent le pont Pfimlin. La pente est régulière, la vitesse diminue un peu. C’est le point culminant de ce parcours assez roulant (moins de 150m de dénivelé). Sur le pont, mon regard se porte vers le Nord. Je peux voir la cathédrale très nettement à 10km de là (à vol d’oiseau). La météo se dégrade visiblement assez vite. La pluie risque fort de s’inviter à la fête avant la fin.

En longeant le golf, dans les sous bois, je sens que je dois fournir un effort plus important pour maintenir ma vitesse. Le meneur 3h30 remonte à ma hauteur. Je sens dans mon dos la grosse grappe de coureurs. J’ai pourtant toujours une avance confortable. Je prends à nouveau un peu mes distances à la faveur d’un ravitaillement.

32e, le début de la fin.

Le 30e kilomètre est passé. Il me reste encore une minute d’avance (2h28:00 – 4:56/km). Je dois m’arrêter quelques secondes au ravitaillement pour avoir un verre d’eau (sur certains ravitos, les bénévoles étaient un peu dépassés par le nombre). Ça me coupe un peu dans l’élan, mais je relance. Il reste 10 km. C’est à partir de ce moment là, qu’il faudrait mettre en marche le pilote automatique. Mais je n’y arrive pas. 32e. Le meneur d’allure est à nouveau à côté de moi. On dirait qu’il vole. Il me dépasse. Il s’éloigne lentement, mais inexorablement. Une grande lassitude m’envahit d’un seul coup. J’ai l’impression que toute la fatigue accumulée me rattrape. Ma vitesse diminue. Ma respiration devient irrégulière. J’alterne les points de coté à droite et à gauche.

Pourtant, je sais l’arrivée proche. Je connais les lieux. Mais rien n’y fait. Ni la pâte d’amande, ni les pauses de plus en plus longues aux ravitaillements. Je n’insiste plus. Je savais que ça risquait d’arriver. Je ralentis jusqu’à 10 km/h en alternant marche et course. J’ai envie de m’allonger et de dormir un peu ! Je passe en marchant le panneau du 40e en 3h26:09. Presque 10 minutes de perdues en 10 km ! C’est le tarif ! Mais il commence à pleuvoir un peu. Cela a au moins le mérite d’éclaircir un peu mes idées.

Un joli finish !

J’aurai quand même la satisfaction de courir sur les 2,195 km restants. Oh, pas bien vite, mais tout de même plus vite que les 8 kilomètres précédents ! La fin du parcours traverse le centre historique, avec de nombreux secteurs pavés. C’est un peu dur pour les jambes après 40 km, mais c’est magnifique pour les yeux. Les touristes semblent indifférents, ou au mieux surpris de voir tous ces coureurs. Il faut attendre les dernières centaines de mètres pour retrouver un vrai public massé contre les barrières.

Dernier virage. Clara et Nina sont là sur le côté. Je me déporte un peu pour passer au plus près. Nina est tout sourire en me voyant arriver vers elle. Je crois que c’est l’image qui me restera de ce marathon :) Un peu plus loin, ma maman est là aussi et immortalise mes dernières foulées.

Marathon de Strasbourg 2013

Marathon de Strasbourg 2013

Il reste 200 mètres. J’harangue la foule à la manière de Greg-runner. La réponse du public me pousse littéralement vers la ligne que je franchis à plus de 17,5 km/h !!! Étonnante et grisante sensation, je ne m’y attendais pas :)

Après l’arrivée.

Mon chrono final est de 3h38:50. Ce n’est pas 3h30, mais c’est quand même une amélioration de mon record personnel sur la distance (de précisément… 23 secondes !)

Au classement, j’occupe la 255e place sur 1076 arrivants, donc dans le premier quart. (voir le classement complet ici) Je suis heureux de recevoir le coupe-vent de finisher et la belle médaille qui va avec. Après avoir récupéré un peu près de la table de ravitaillement, je sors de la zone d’arrivée pour rejoindre mes fidèles supportrices.

Marathon de Strasbourg 2013 - Classement

Marathon de Strasbourg 2013 – Classement

Je ne suis vraiment pas déçu de ma course. J’ai l’impression d’en avoir bien profité. Les 3h30 sont vraiment à portée, il ne manque pas grand chose. La préparation était probablement un tout petit peu juste, surtout en séances de seuil, et un peu courte aussi peut être. Un cycle de VMA avant de commencer pourrait aussi être bénéfique. A étudier pour le prochain :)

Marathonien !

Marathonien !

La récupération se fera exceptionnellement bien : pratiquement aucune courbatures, pas de bobo à déplorer. La coupure sera brève avant d’enchaîner sur la préparation de ma dernière course 2013 : la Saintélyon.

Un grand merci à mes supportrices et supporters, sur place ou en messages. Merci également à l’organisation de ce marathon de Strasbourg, presque irréprochable ;)

Marathon de Strasbourg 2013 - Diplôme

Marathon de Strasbourg 2013 – Diplôme

Données

6 thoughts on “Marathon de Strasbourg 2013 – récit

  1. Superbe récit. C’est surprenant ces différences de vitesses..Et surtout ce final à plus de 17km/h! Mais où as tu été chercher ça?!
    Sympa la photo de ta maman, on peut même y voir ta Coach et ta meilleur supportrice :)

  2. Sympa ton récit. Merci ! Et bravo pour ta belle course dans des conditions météo visiblement pas favorables à des chronos mirobolants. Quant à tes dix derniers kilomètres, je pense qu’ils rappellent à bcp de monde des souvenirs douloureux ;)

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