Trail du Pays de Sully 2011 – 35 km

Ce dimanche, pendant que d’autres (Greg, David, Christophe, Yoann) s’élançaient sur les pentes du 10km, du Cross ou du marathon du Mont Blanc, je prenais la route en direction de la petite bourgade de Rosny-Sur-Seine.

L’objectif du jour : les 35 km du Trail du Pays de Sully et ses 1000 mètres de dénivelé positif.

Running Newbie m’accompagne et prendra part à la course de 10km. (il y a également une course de 17km). Nous arrivons sur place vers 8h15. Le temps de garer la voiture, aller jusqu’à l’école maternelle, lieu du départ, et de récupérer nos dossards, il est déjà l’heure de partir s’échauffer. Mon échauffement sera succinct, je ne compte pas partir trop vite et ainsi profiter des premiers kilomètres pour chauffer la machine.

Le départ du Trail 35 km

9h. Les dernières consignes et indications nous sont données. L’organisation dit avoir rajouté 2 points d’eau aux 3 ravitaillements initialement prévus. Une bonne chose en perspective d’une course dans la chaleur qui se fait déjà bien pesante.

Echauffement - Trail du Pays de Sully

Echauffement

Départ dans une minute - Trail du Pays de Sully

Départ dans une minute

Allez, coup de feu, tout le monde s’élance. Étant tout proche de la ligne je suis dans les premiers. Cela m’arrive assez peu souvent pour être noté et j’en profite un peu, d’autant qu’en ce tout début de course, le peloton reste groupé.

On sort assez rapidement de la ville pour traverser des champs, puis c’est déjà la première cote, assez raide.
Je vois juste devant moi un coureur en vibram fige fingers. 35 km de trail en VFF, ouahh, je suis admiratif… Juste après, une belle descente avec une vue magnifique sur la Seine !

On alterne des montées et descentes avec quelques portions de plat. Beaucoup de portions sont en plein soleil et je ne regrette pas de m’être enduit de crème solaire des pieds à la tête. Casquette et lunettes de soleil indispensables !
Je me sens bien. Il fait beau, le décors est superbe, ma foulée semble légère et le souffle régulier.

Apres une grosse descente assez technique, on passe sous l’autoroute de Normandie par un tunnel assez glauque.
De l’autre coté, encore des portions en plein soleil.

Premier ravitaillement – km 9

Le premier ravitaillement intervient vers le 9e km. Je bois un verre de coca et mange 2 tucs. Je jauge ma poche à eau et me dis que cela suffira bien jusqu’au second ravito à 8km de là.

Chaleur

La chaleur annoncée est bien là, ça devient dur mais les portions au soleil se font un peu plus rares, heureusement.
On continue, toujours une suite de courtes et franches montées, un peu de plat, des descentes. C’est vraiment très très vallonné. 15e km, un point d’eau. Je m’éponge un peu pour me rafraichir. Pas encore besoin de remplir la poche d’autant que le vrai ravito est à 3 km à peine. Je commence à souffrir de la chaleur, mais mes jambes répondent bien.

Deuxième ravitaillement – km 17

Au 17e km (17,5 pour être précis), je m’arrête un peu plus longuement au ravitaillement, pour faire le plein de la poche à eau. Je continue à manger des tucs et prend un verre d’eau et un de coca. Un des concurrents qui avait abandonné, se sentant mieux, décide finalement de repartir.

Je repars à mon tour en consultant les messages d’encouragement de Clara, qui me font chaud au cœur. A ce propos j’envisage sérieusement d’investir dans un téléphone basique pour les courses – il est en effet quasi impossible de manipuler un iPhone les doigts humides 🙂 Je regarde rapidement le temps de course : à environ mi-parcours, mon chrono affiche 1h52 de course. Je suis donc encore largement dans les temps pour terminer en moins de 4h.

Les crampes.

Bref, je continue de bien avancer. Je passe le cap du semi-marathon au sommet d’une cote en 2h22 et là je ressens une première alerte dans les mollets : une petite contraction fugitive que j’identifie immédiatement comme un début de crampe.

Un kilomètre plus loin, je butte sur une grosse racine et manque de m’étaler. Je me rattrape de justesse mais au prix d’une vrai crampe dans le mollet droit qui m’immobilise quelques instants. Je continue au ralenti, pressentant une fin de course bien difficile dans ces conditions. J’ai un peu de mal à comprendre ce qui m’arrive. Je m’hydrate bien, peut être même trop je pense, car j’ai l’impression que la flotte se balotte dans mon estomac. Alors c’est sur que je viens de passer le km 22 (ma distance maximale jamais parcourue, que ce soit à l’entrainement ou en compétition) et que j’explore à présent des terrains totalement inconnus pour moi.

Ma ceinture cardiaque me donne l’impression d’étouffer. Je l’enlève. Tant pis pour les datas 😉

L’esprit trail

Km 23. Sur terrain plat, je sens monter une nouvelle crampe : les mollets se contractent de façon incontrôlée et je dois m’arrêter une nouvelle fois, terrassé cette fois par deux crampes dans les mollets. Une féminine que j’avais dépassé quelques minutes avant me rejoint et s’arrête pour me demander si ça va. Je lui dis ce qui m’arrive et elle me propose un cachet de sportenine. J’avais déjà entendu parler de ce produit, en particulier par vinvin20, mais n’ayant jamais eu ce type de problèmes en course à pied, je n’en voyais pas l’intérêt. Je n’hésite pas trop. De toute façon, il reste encore plus de 12km et je ne peux même plus marcher. Je lui prends donc un cachet et la laisse repartir devant. Apres quelques minutes, je repars tranquillement sans forcer. Au fil des minutes j’ai la sensation que l’étau qui enserrait mes mollets se relâche petit à petit. Je n’en reviens pas ! Je sais maintenant ce qui va rejoindre mon équipement pour les prochaines longues courses.

Deux kilomètres plus loin, j’entends un long hurlement de douleur devant moi. J’accélère un peu, et je trouve un coureur par terre, se tenant un mollet, victime d’une énorme crampe. La féminine qui m’avait donné le cachet revient en arrière, et me demande si le cachet a marché. Devant ma réponse positive elle en propose un à l’autre coureur, alors qu’elle n’en a presque plus. Je la verrai d’ailleurs donner le tube vide à un bénévole peu après le dernier ravito…

Quel bel esprit !

Troisième ravitaillement – km 27

Au km 27, c’est le dernier ravito. Je ne peux plus rien avaler de solide et malgré tout ce que j’ai bu, je ne suis pas allé pisser une seule fois. Je refais le plein de ma poche qui était complètement vide. Je repars tant bien que mal. Un bénévole nous décrit la fin du parcours qui s’annonce difficile avec deux grosses cotes à venir…

Une fin de course dans la douleur.

J’essaie de courir le plus possible, mais dès que le terrain monte un peu je suis obligé de marcher. Ce sera les 8 derniers kilomètres les plus longs de ma vie de runner. Je vais mettre pas loin de 1h20 pour les parcourir !

Je pense à beaucoup de choses (j’ai le temps, vu mon allure d’escargot^^). Je pense à Clara, à notre vie à deux, nos projets qui se concrétisent, ceux à venir. Une idée qui m’a traversé l’esprit lors des merveilleux premiers kilomètres revient à ce moment et s’installe dans ma tête. C’est un nouveau projet, une nouvelle étape que je voudrais franchir avec elle. Cette idée m’accompagnera jusqu’à l’arrivée, jusqu’au moment où je pourrais la délivrer…

Km 30. Je n’en peux plus. Je pense aussi à Cedric et ses 6 jours d’antibes en me disant qu’il me reste l’équivalent de 5 de ses tours à faire, une broutille. Une grosse broutille en fin de compte…

Désormais, je marche plus que je ne cours. Il faut dire que le parcours est à nouveau très vallonné avec deux véritables murs, qui même en marchant très lentement sont difficiles à franchir.

Km 33. Courir est maintenant une vraie souffrance. Je suis en permanence à deux doigts d’avoir une crampe et je commence à avoir du mal à inspirer, comme si j’avais un gros point de coté en continu du coté droit.

Km 35. Je suis toujours en pleine forêt. Je désespère de voir l’arrivée. Le single track que je suis depuis 1 km débouche sur une piste qui franchit l’autoroute via une passerelle. Une autre féminine me dépasse. « Tiens il y a encore du monde derrière ! »

Allure et Altitude

Allure et Altitude

L’arrivée. Bonheur !

Enfin ça y est je reconnais l’école. Je me remets un peu à courir, lentement. Je vois l’école, Clara est là, elle m’encourage et vient à ma rencontre et on court les derniers mètres ensemble. Elle est pieds nus !
Derniers mètres, les crampes sont là, terribles, mais je franchis la ligne en courant, question de principe !

Je tombe dans les bras de Clara, au bord de l’épuisement, mais heureux ! Heureux d’en avoir fini, de l’avoir fait. Heureux de pouvoir partager ça avec elle.
Elle me racontera sa course, qui a été assez épique !!! Je récupère doucement, m’hydratant et je me rends compte que j’ai faim. Un sandwich au pâté fera l’affaire, avec une petite bière ^^

Quelle course ! Quel beau dimanche. Une journée dont nous nous souviendrons. Une journée qui marque le début d’une nouvelle aventure, la plus belle qui soit.

Pour les chiffres, j’ai mis 4h53 pour parcourir les 36 km du parcours (930 d+) et je termine à la 95e place sur 99 finishers. (110 partants). L’essentiel n’était pas dans ces chiffres, vous l’aurez sans doute compris… (et si vous n’avez pas compris, lisez l’article de Running Newbie ^^)

Arrivée... sur les rotules !

Arrivée... sur les rotules !

Trace GPS

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32 réactions à “Trail du Pays de Sully 2011 – 35 km

  1. Je pense que tu n’as pas assez bu, je bois beaucoup plus en trail que sur route, environ 1L/heure surtout avec cette chaleur.

    Félicitations pour ta course et pour tout le reste

  2. Je comprends mieux certaines phrase 😉
    Bravo, ce trail avait l’air « sélectif »
    Sportenine c’est un produit quasi miracle, j’en ai pas mal utilisé en recup mais aussi pendant les épreuves comme le MDP!

    Et… Félicitations 😉

    1. héhé 😉
      pour la sportenine, je vais en acheter et tester ça cet été. Et puis j’ai encore du long au programme d’ici à la fin de l’année 😉

      et merci !

  3. Bravo pour ce Trail qui finit dans la douleur, mais surtout dans la joie.
    Tu es aller au bout de toi même et je suis sûr que même en rampant tu l’aurais fini ce 35km, car tu avais un message trop important à délivrer à celle que tu aimes et qui t’attendais à l’arrivée!!
    Je suis très content pour vous deux, et vous souhaites de faire des millions de kilomètres ensemble 😉

  4. Bravo pour ce trail, tu m’impressionnes.
    Moi qui voulais me lancer sur le trail de la côte d’opale voilà quelques mois, ton récit me conforte dans mon idée que ça aurait été désastreux pour moi.
    Bon rétablissement et à bientôt

  5. C’est marrant, en lissant tu CR, je n’avais pas tout compris. Mais, cela à fait Tilt en lissant le CR d’un autre participant, au plutôt, participante 😉
    Félicitations pour ta persévérance, comme quoi cela paye… et félicitations à vous deux 😀

  6. Alors petit cachotier ! Je suis passé ici lundi et j’avais pas tout compris. A la lecture ce soir d’un autre compte rendu au hasard de mon butinage dans la runnosphere, la lumière s’est allumé 😉
    Toutes mes félicitations à vous !

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